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Syndrome de l'imposteur Vs syndrome de Dunning-Kruger


- CHRONIQUE RADIO - 30 mai 2023


Dans le cadre du partenariat avec La Clinique du Travail, j'ai eu l'opportunité d'évoquer sur Radio-Balise (99.8 FM sur Lorient), le syndrome de l'imposteur que j'ai opposé à celui qu'on pourrait appeler celui de "la Sur-confiance"

C'était le 30 mai dernier et je vous mets le podcast ci-dessous pour écouter cette chronique (à partir de la 12ème minute pour les plus pressés)


Dans une équipe avoir ces deux types de personnalités à gérer peut être une difficulté supplémentaire pour le manager comme pour le collaborateur qui se retrouve avec un responsable pas forcément compétent mais qui impose sa vision, et inversement.

Apprendre à se connaitre et connaitre le fonctionnement de ses collaborateurs et collègue fait partie de la base du travail d'équipe



Pour ceux qui préfèrent lire la chronique:

Gaël, vous nous proposez une confrontation aujourd’hui ?

Oui Emmanuel, entre deux syndromes auxquels nous pouvons être confrontés au cours de notre vie, de façon générale mais également dans notre vie professionnelle.

Et si on pouvait donner une définition assez courte de ces deux syndromes, ce serait quoi ?

Pour le syndrome de l’imposteur, même si la terminologie est plutôt parlante, cela se présente comme un sentiment de doute que la personne nourrit elle-même sur ses propres compétences. Une remise en question permanente de ses propres capacités.

Pour le syndrome de la sur-confiance, qui est aussi appelé le syndrome DUNNING-KRUGER, lui traduit à l’inverse une surestimation de ses propres compétences. On connait tous l’expression « c’est toujours ceux qui en connaissent le moins, qui la ramène le plus… » … Ben c’est exactement çà !!


Comment fonctionnent ces deux syndromes ?

Le premier a été mis en avant par deux psychologues américaines en 1978 (Pauline CLANCE, et Suzanne IMES). Quand elles ont interrogé 150 femmes qui exerçaient des métiers prestigieux… Celles-ci attribuaient leur réussite au hasard et à la chance.

Il faut savoir que le syndrome de l’imposteur touche environ 70% des personnes au cours de leur vie. Et bien souvent plus de femmes que d’hommes.

Dans son ressenti, la personne a le sentiment de ne pas mériter la place qu’elle occupe, le salaire qu’elle gagne ou qu’elle n’a pas les compétences pour réaliser les missions qui lui sont confiées.

Ce syndrome entraine chez certaines personnes, la propension à croire qu’elles ne sont pas légitimes et elles vont donc travailler de façon acharnée pour prouver qu’elles sont à leur place, les conduisant parfois à l’épuisement professionnel.


Et pour le syndrome de la Sur-confiance?

Lui est plus récent et a été mis en avant en 1990 par deux psychologues américains (David DUNNING et Justin KRUGER), et il part d’un fait divers assez cocasse.

L’histoire raconte qu’un homme avait été arrêté suite à deux braquages à visage découvert dans des banques. Ce braqueur pensait s’en sortir car il s’était enduit le visage de jus de citron, et comme pour l’encre sympathique le citron était efficace, çà devait aussi le rendre invisible !! A priori, il devait manquer un ingrédient !

Ils sont donc partis de ce postulat « l’ignorance engendre plus fréquemment la confiance que la connaissance ». D’ailleurs, n’est-ce pas ce qui rends la jeunesse intrépide et la vieillesse méditative ?

Pour certains, cet excès de confiance peut ne pas être conscient, car ils sont persuadés de maitriser le sujet alors qu’ils n’en n’ont pas les compétences. Certains peuvent donc se montrer hautains, arrogants, irrespectueux du travail des autres et engendrer des conflits au sein d’équipes.

Ils vont alors devoir suivre un chemin qui aura 3 phases,

- La montagne de la stupidité qui se caractérise par une auto-surévaluation de leur connaissances et le mépris des experts reconnus dans le domaine.

- La traversée de la vallée de l’humilité, où l’apprentissage fait prendre conscience de ses propres lacunes.

- Le plateau de la consolidation où la personne aura acquis de l’expérience.


Comment réagir dans une équipe quand on a des personnalités qui manifestent ces attitudes ?

Pour un manager, connaitre la personnalité de chaque individu qui compose son équipe est primordial, ses forces, ses faiblesses, son potentiel, ses limites … (pour certains et certaines ces quelques mots leur feront penser à une matrice qu’on appelle SWOT et qui était utilisée à la base dans la gestion de projet… mais ça est un autre sujet…).

Pour le syndrome de l’imposteur, il faut nourrir l’estime de soi de la personne. Cela se fait par des points informels en tête à tête, où on encouragera ses initiatives, saluera une action réussie, donnera des axes d’améliorations. Il ne faut pas non plus se priver de le faire lors des réunions d’équipes ou à la vue de tout le monde pour qu’elle se sente soutenue.

Pour moi, il est beaucoup plus important de savoir dire ce qui va bien que ce qui va mal chez les personnes atteintes de ce syndrome car elles sont suffisamment sévères avec elles-mêmes.


Et pour le syndrome de Dunning-Kruger ?

Lorsque l’on est confronté avec quelqu’un qui est en sur-confiance, seuls des faits, des données chiffrées et vérifiables pourront mettre cette personne face à sa montagne de stupidité. Mais attention, comme la personne n’est pas forcément consciente de ça, il faut faire preuve de subtilité et de dialogue permanent avec elle.

De façon incontournable, l’un des moyens les plus efficace et subtil est de l’amener à se former. Ces formations sont indispensables pour que la personne acquière de vraies compétences et entame son chemin au travers de la vallée de l’humilité.

Comme le titre l’évoquait, il n’y aura pas de confrontation entre les deux syndromes car les personnalités ne sont pas les mêmes. Belle journée à vous.


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